Espace Blanc II

Espace Blanc II

Événement spécial incluant Mélanie Bédard et Éric Gagnon, Mathieu Fraser-Dagenais, Amélie Laurence Fortin et Armelle François, du 12 février au 11 mars 2006
Lancement de la 2e édition de l'événement le dimanche 12 février 2006 à 14h

Pour une deuxième année consécutive, le Centre d’artistes Caravansérail convie la population de Rimouski et des alentours à l’événement artistique Espace blanc. Hôte de cet événement hivernal, le village de la pêche blanche offre aux artistes plasticiens un décor unique et un cadre d’intervention exceptionnel pour la réalisation d’oeuvres in situ. La banquise balayée par les vents, le village pittoresque et ses habitants nomades, la tradition ancestrale de la pêche blanche… Autant de balises au fort pouvoir évocateur pour les artistes conviés à l’événement.

Caravansérail est fier et heureux d’avoir invité, spécialement pour l’occasion, Lise Labrie, artiste du Bic reconnue au Québec et à l’extérieur de nos frontières. Son apport au développement des arts visuels est notable et pourtant, trop rares sont les occasions de découvrir son travail en région. C’est donc avec plaisir que nous lui avons offert d’intervenir sur un site, naturellement proche de ses recherches axées sur la nordicité.

De plus, le Centre a permis à six artistes de la relève québécoise de développer, dans le cadre d’une résidence de production de 3 semaines, des projets s’inscrivant dans l’esprit du village de la pêche blanche. Nous comptons également pour une deuxième année consécutive sur la participation des élèves du programme Art+ de l’École secondaire Langevin.

Cette année, le Centre propose au public deux volets : en plus de la présence de cinq projets d’artistes sur la banquise, il est possible de visiter une installation en salle.

Cabane sur pilotis, univers fantastique, intervention in situ… Venez découvrir les oeuvres que les artistes ont imaginées et conçues durant leur séjour. Profitez de l’hiver, aventurez-vous sur la banquise et laissez-vous surprendre !

Mirages et Quelques balises ludiques
Cette année encore, les élèves du programme d’enrichissement en arts plastiques de l’école secondaire Langevin se joignent à l’aventure Espace blanc. En collaborant avec une institution scolaire, Caravansérail entend promouvoir les arts visuels auprès des jeunes en leur permettant de développer une meilleure compréhension de la pratique de l’art in situ. C’est ainsi que deux classes du programme Art + de l’École secondaire Langevin se sont investis avec passion dans la conception et la réalisation de deux projets d’intervention qui prendront place sur la banquise. La responsable, Michèle Corriveau, a orchestré avec conviction tout le processus de création, s’adjoignant l’aide de deux enseignantes de français de son institution et du secteur de la menuiserie de l’École secondaire Paul-Hubert.

Le projet Mirages – points de mires sur le fleuve a été réalisé par les élèves de première secondaire. Chacune des petites images peintes sur des plaques circulaires de bois présente un point de vue, un point de mire privilégié sur le fleuve, résultant du choix personnel et esthétique de chaque participant. Elles livrent aux passants une phrase poétique sélectionnée en fonction du thème de la mer. Présentées dans le village des pêcheurs, les images s’effaceront graduellement avec le temps, laissées au gré des vents et de la lumière du jour, en constant changement, tel un mirage dans le paysage.

À partir de six structures tabourets, conçus et réalisés par des élèves en menuiserie de l’École Paul-Hubert, s’amorce le défi pour six équipes d’élèves de deuxième secondaire de jouer avec le thème de la nature et le contexte hivernal dans lequel s’inscrit leur projet. Quelques balises ludiques – hommage aux patenteux du Québec a été réalisé dans un esprit ludique : les structures colorées dévoilent humour, poésie, synergie du vent, matériaux récupérés.

Lise Labrie- artiste invitée
Dans ses recherches, Lise Labrie puise dans la mythologie et les traditions des peuples du Nord. Au travers de ses installations et de sa pratique de l’in situ, l’artiste questionne notre rapport à l’environnement et à l’histoire, évoque la mort et la notion de survie, traite de la disparition. Sur la banquise, une bâche immense rappelle la voilure d’une embarcation, délimite un territoire, disparaît sous la glace, aspirée par le courant. Un traîneau de bois à la structure massive prend place au village, artéfact oublié des voyageurs de l’hiver. Disposés sur la banquise, les objets figés dans la glace évoquent la disparition des cultures nomades nordiques.

Mélanie Bédard et Éric Gagnon
Le duo d’artistes propose une oasis de verdure sur la banquise, en plein cœur du village de pêcheurs. Rappelant formellement une serre, la structure est conçue de manière à laisser transparaître ombres et lumières d’une végétation artificielle. Une fois à l’intérieur, le visiteur découvre un espace verdoyant, aménagé confortablement pour lui permettre de s’adonner à la pêche. À la nuit tombée, une toute autre vision s’offre aux regards extérieurs : l’abri s’illumine et s’anime par intermittence. Grâce à la chaleur d’une lampe, un carrousel s’active et fait tournoyer des silhouettes sur les parois de l’abri.

Mathieu Fraser-Dagenais
S’inspirant de la technique de l’origami, Mathieu Fraser Dagenais abandonne le format tridimensionnel de la cabane de pêche pour créer une plate-forme. Par l’ouverture de sa forme et le déploiement de ses surfaces à l’horizontal, l’artiste détourne la fonction première de l’abri et génère une structure qui influence l’activité sur le fleuve, détermine et circonscrit un espace. L’abri cesse dès lors de remplir son rôle protecteur pour devenir un lieu de rassemblement. Recouverte de glace, la structure posée au sol devient, à la manière d’une patinoire, un espace de jeu au coeur du village.

Amélie Laurence Fortin
Impénétrable, la structure de bois, de tôle et de plastique est un pied de nez à la fonction d’habitat que propose traditionnellement la cabane. Juché sur pilotis, dans un environnement où cette architecture est inutile, le projet d’Amélie Laurence Fortin prend l’allure d’une cache inutilisable et inaccessible. Ce mirador devient dès lors une surface de miroitement et un dispositif qui canalise la musicalité du vent.

Armelle François
Par son installation, Armelle François transpose la banquise et le village des pêcheurs à l’intérieur de la salle d’exposition de Caravansérail. Mettant en scène une nature devenue artificielle, l’artiste a recouvert le sol d’un matériau blanc et duveteux sur lequel a été placé un abri habillé de voilages diaphanes et délicats. De l’extérieur, des vues du village de pêche se détachent en filigrane sur le matériau, formant un horizon aux lignes aléatoires. En entrant dans ce refuge hivernal, le visiteur se trouve confronté à de nouveaux repères. Le naturel est fragmenté pour n’être plus que fissures et fractures.

Émilie Moralès
En entrant dans la cabane de l’ingénieure-grenouille, le visiteur est convié à découvrir toute une panoplie d’objets reconstituant un laboratoire de recherche. L’artiste déploie un univers fantastique bricolé où l’imagination sert à l’interprétation du lieu. En utilisant des objets de récupération, Émilie Moralès propose tout un bric-à-brac pseudo scientifique. L’ingénieure-grenouille a mis au point un costume hybride oscillant entre l’animal et les technologies de pointe. Celui-ci lui permet de nager sous la glace et de collecter des informations scientifiques sur de mystérieux signaux émis par les fonds marins.
 

BIOGRAPHIE

Artiste multidisciplinaire reconnue, Lise Labrie a réalisé de nombreux projets d’intégration des arts à l’architecture, entre autres au Complexe culturel Joseph-Rouleau de Matane, au Manoir Fraser de Rivière-du-Loup et au Musée régional de Rimouski. Son travail a été présenté lors de plusieurs expositions au Québec et à l’étranger. En 2003, ses préoccupations hivernales prenaient place à La Chambre blanche (Québec) avec l’exposition La Banquise. L’année suivante, elle séjournait à Buenos Aires (Argentine) le temps d’une résidence de production. Elle est originaire du Bas-St-Laurent et vit au Bic.

Avec ce projet, Mélanie Bédard et Éric Gagnon initient leur première collaboration artistique. Originaire de Trois-Rivières, Mélanie Bédard a complété en 2002 un baccalauréat en Arts visuels de l’Université Laval. Son travail a été entre autres présenté lors de plusieurs expositions collectives. En 2005, l’artiste a été accueillie en résidence de création à l’Espace F à Matane où elle y a, par la suite, présenté le résultat de son projet.
Éric Gagnon a une pratique tournée vers la vidéo, quoiqu’il conserve une ouverture multidisciplinaire en menant tout à la fois une carrière de musicien, photographe et réalisateur. Ses œuvres connaissent une diffusion internationale, du Québec au Japon, en passant par l’Europe et le Mexique. Mélanie Bédard et Éric Gagnon vivent et travaillent dans la région de Québec.
 

En 2004, Amélie Laurence Fortin terminait sa formation en Arts visuels à l’Université Laval, après avoir complété un séjour d’études à l’École supérieure des Beaux-Arts de Marseille (France). Elle a participé à plusieurs événements collectifs à Montréal, Shawinigan et Québec. En solo, l’artiste a présenté en 2005 Entreposage domestique à l’Oeil de poisson (Québec). L’artiste vit et travaille à Québec.

Armelle François a complété en 2004 une maîtrise en Arts visuels à l’Université Laval dont elle a reçu le prix Nurum dans le cadre de la présentation de Réceptivité (2002). Son travail a été présenté dans le cadre d’expositions au Québec et en France. Elle est membre co-fondatrice de WAGON Art itinérant (Québec) qui a pour mission de présenter, dans des lieux itinérants, des expositions d’artistes émergents.

Originaire de Montréal, Mathieu Fraser-Dagenais a complété sa formation en arts visuels à l’UQAM en 2004. Prochainement, son travail sera présenté en solo lors de l’exposition Espaces coquilles à Circa (Montréal) et au 3e Impérial (Granby). Depuis 2002, l’artiste s’implique comme administrateur au sein de Dare-Dare.

D’origine française, Émilie Moralès complète actuellement une maîtrise en Arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Elle a participé à quelques expositions collectives au Québec et en France. Sa recherche se développe entre autres autour des notions de bricolage et d’auto-fiction.