Correspondances

Projet spécial de chroniques photographiques incluant 6 artistes, du 30 août au 30 septembre 2005
Vernissage de l'exposition le 26 août 2005

Frank Desgagnés
La photographie documentaire est privilégiée par Frank Desgagnés pour qui ce genre permet de révéler le monde d’une manière subjective tout en mettant en scène des référents universels. Fort d’une riche expérience comme cinéaste, il accorde de l’importance à la mise en scène appliquée à des prises de vue documentaires. Loin de trahir la supposée objectivité des choses, il tente par ce procédé de saisir non seulement l’instant mais également le signifiant. En photographiant autrui, en s’investissant du sujet, il construit une réalité identitaire à la manière d’un autoportrait.

Christian Lamontagne
L’approche artistique de Christian Lamontagne est engagée dans une prise de conscience environnementaliste et s’inscrit dans la tradition photographique de style documentaire. Il utilise ce genre de façon à interroger la conscience collective et le pouvoir décisif de chacun. Ses images son empreinte de préoccupations esthétiques qu’il exploite dans le but de les rendre attrayantes et accessibles, voire même mystiques et magnétiques, afin de maximiser l’impact du message véhiculé. Un univers réaliste est présenté, témoignage du temps, des gens et de l’influence qu’ils ont par leurs actions dans l’environnement.

Maryse Larivière
Par la pratique photographique, Maryse Larivière explore des notions d’intimité, d’identité et de duplicité intrinsèque à toute relation à soi et à l’autre. Elle s’intéresse également à l’enchevêtrement de la réalité et de la fiction dans les espaces photographiques créés. Ses œuvres jouent de l’ambiguïté des fictions, de la vie affective. L’abandon, l’intimité exhibitionniste et voyeuriste sont reflétés à travers ses photographies : l’absence comme la présence du corps, de l’autre, deviennent un espace de fantasme. Son travail se penche principalement sur la déréalisation des relations amoureuses contemporaines.

Maryse Goudreau
Les photographies de Maryse Goudreau, qu’elles soient paysage ou espace privé, se présentent au regard tel un souvenir, empruntant le chemin du récit intime. Amalgames métaphoriques, l’espace photographique génère les associations. Son art en émergence se voit marqué par le thème du lieu, comme autant de témoignage d’état d’esprit, d’un apaisement. Ses œuvres se déploient sous forme de photographies ou d’installations. Au premier abord séduisantes, les séquences narratives qui surgissent par l’accumulation de plusieurs images relèvent une énigme à résoudre, une histoire à reconstituer, un chemin a emprunter.

Stéphanie Pouliot
Stéphanie Pouliot superpose à son travail artistique celui de collectionneur, dans le but de confronter l’artistique au domestique. Elle détourne l’objet du quotidien de sa fonction et le recontextualise à travers la collection qui est à son tour resituée en tant qu’œuvre. Sous forme d’inventaire photographique, l’artiste rassemble des images de représentations et de fragments sous la forme du livre ou à l’intérieur d’installation. À travers une pratique de la collection et de la photographie, elle pose une réflexion sur la perception et l’interprétation des objets qui nous entourent, loin de sa finalité fonctionnelle, mais aussi de l’objet d’art.

Vincent Roy
Que ce soit dans son jardin ou sur un autre continent, Vincent Roy tente par la photographie de se «construire» un territoire et de l’habiter pour ainsi mieux le saisir. Le voyage et l’errance deviennent un moyen d’exploration et d’exploitation du lieu. Ayant un penchant pour les images socialement engagées, entre le documentaire et l’artistique, l’artiste tente ainsi de soulever un questionnement de valeur et d’idéologie. Il a d’ailleurs réalisé un projet traitant de la quotidienneté d’après-guerre en Bosnie-Herzégovine et sur la déforestation au Québec. Il croit au pouvoir de l’art comme tribune permettant d’avoir des répercussions sur notre société.

 

BIOGRAPHIE

Diplômé de l’Université Concordia en production cinématographique, Frank Desgagnés a un parcours bien rempli comme scénariste, réalisateur et producteur. Il a collaboré à plusiuers projets de François Girard à titre d’assistant directeur artistique et assistant réalisateur. Ayant développé un intérêt pour la photographie à l’adolescence, sa pratique de l’image fixe s’inscrit avec plus de conviction depuis quelques années. Il est membre du collectif Uniwave qui en 2004 a entre autres participé au Festival de théâtre de rue de Shawinigan et présenté Uniwave films project à la Galerie B-312 (Montréal). Il est actif comme photographe pigiste. Frank Desgagnés vit et travaille à Montréal.  

En 2004, Christian Lamontagne s’est vu remettre par le Conseil de la culture du Bas-St-Laurent le Prix de la relève artistique de cette même région. Il a mis sur pied en 2002, avec cinq autres photographes, le Groupe d’intervention Photo et Vidéo (GIPV) sur les régions ressources qui a pour mandat de redéfinir la traditionnelle pratique de la photographie documentaire. Le GIPV est récipiendaire de deux bourses du Fonds du Bas-St-Laurent pour les arts et les lettres. Les photographies de Lamontagne ont pu être apprécié entre autres à l’Espace F (Matane) et à Rouje (Québec) lors d’expositions collectives. En 2005, il présentera son travail en solo à la Maison de la culture de Rivière-du-Loup. Il est diplômé du Cégep de Matane en photographie. Il habite Ste-Félicité, en Gaspésie.

 Originaire d’Iberville, Maryse Larivière est diplômée de l’Université Concordia en photographie. Elle a été récipiendaire d’une bourse du CALQ pour la recherche et création en 2002. Entre autres, son travail a été présenté à La Centrale (Montréal), à ArtsSutton (Sutton), à Skol (Montréal), à la MILK Bedroom Gallery (Toronto). À l’automne 2005, elle fera un séjour à la Villa Arson (France) pour réaliser une résidence de recherche et de production. Elle travaille et vit dans la région de Montréal.

Maryse Goudreau a étudié au Cégep de Matane en photographie dont elle a reçu sa diplômation en 2001. Récipiendaire d’une bourse Portfolio de l’Office Québec Amérique pour la jeunesse, elle a réalisé en 2003 un séjour de production à La Havane (Cuba) où elle a collaboré avec l’artiste cubain Henry Eric pour le projet Pionera. Ses photographies ont pu être apprécié entre autres lors d’expositions collectives et solos à l’Espace F (Matane), au Centre d’artistes Vaste et Vague (Carleton) et à la Maison de la culture de Ste-Anne-des-Monts. Elle a collaboré avec de nombreux artistes multidisciplinaires dont Edwige Le Blanc pour un projet présenté en 2003 à la galerie Le Arie del Tempo (Gênes, Italie).

 Stéphanie Pouliot complète actuellement une maîtrise en Arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal, dont elle est lauréate de la Bourse d’excellence pour les cycles supérieurs. En 2004, elle a réalisé un stage au Studio national des arts contemporains (Fresnoy, France?). Son travail a fait l’objet d’expositions collectives, notamment à Montréal à la Société des arts technologiques (SAT), à l’Usine C et au Centre de design (UQÀM). Elle a réalisé trois livres d’artiste : Lecture diffuse, Perspective humaine et Dialogue, ce dernier recevant le Grand prix Grafika dans la catégorie Auto-promotion 2002.

 Artiste de la relève, Vincent Roy détient une formation en photographie du Cégep du Vieux-Montréal. En 2004, il a été assistant d’atelier avec l’artiste photographe Serge Clément et a suivi une session de perfectionnement en grand format donné par André Barrette. Il fait parti du collectif des artistes de L’Espace contemporain avec lesquels il a participé à plusieurs expositions à Québec et dont une est à venir à la Galerie Artus (Montréal). Individuellement, il a présenté son travail photographique dans différents lieux publics à Montréal et Québec. Vincent Roy occupe un poste de technicien de laboratoire à VU, centre de production et de diffusion de la photographie à Québec.