Chutes © Gwenaël Bélanger

Chutes

Exposition de Gwenaël Bélanger, du 30 octobre au 26 novembre 2003
Vernissage de l'exposition le vendredi 30 octobre 2003

Pour la dernière exposition de la programmation 2003, le Centre d’artistes Caravansérail est heureux de présenter le travail de Gwenaël Bélanger. Avec son projet d’exposition Chutes, l’artiste nous propose des séries photographiques donnant à voir des images d’objets en chute libre captées à quelques millimètres du sol, juste avant le choc inévitable. Naviguant entre le tragique et le ludique, ce projet d’exposition nous fait découvrir une vision paradoxale de ces objets qui, une fois figés dans le temps, semblent être en lévitation. En portant un regard totalement inhabituel sur un geste qui peut sembler banal, la chute d’un objet, l’artiste provoque une tension laissant au spectateur la liberté d’imaginer la destinée de ceux-ci.

BIOGRAPHIE

Après des études en arts plastiques au cégep de Rimouski, Gwenaël Bélanger a complété un baccalauréat en arts visuels à l’Université du Québec à Montréal. Boursier du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts et Lettre du Québec, son travail a été présenté en solo au Centre des arts actuels Skol et à la galerie Engramme de Québec. Il a également participé à des expositions de groupe, notamment, à la maison de la culture Frontenac, au Musée régional de Rimouski ainsi qu’à la Galerie Verticale à Laval. Sa participation à la Triennale L’Art qui fait boum lui a valu le prix du public. Il exposera en solo à la Galerie Graff à Montréal en avril 2004.

Avec une production influencée par une approche conceptuelle de l’estampe, son travail s’inscrit dans une démarche où il explore, par différentes stratégies, la simplicité inhérente des choses. Gwenaël nous présente, par le biais de la photographie cette fois-ci, un projet dont l’intention de départ est de capter en images des objets et des matières diverses en chute libre, juste avant l’impact. Les photographies ainsi obtenues sont captivantes. Semblant léviter, ces différents objets s’animent au gré des séries élaborées par l’artiste.

Les images de Gwénaël ne sont pas sans rappeler les études sur le mouvement effectuées par le photographe Edward Muybridge à la fin du XIXe siècle. On y retrouve cette même découpe de poses successives, cherchant à analyser le détail des gestes de la vie courante. Par le biais de séquences rapprochées, il obtient avec précision les images de ce qu’on ne peut percevoir à l’oeil nu. En décidant de ne pas montrer la finalité de ces objets, l’artiste créé une tension, provoquant chez le spectateur une tendance involontaire à anticiper et à prolonger l’action mentalement. Tout en s’inscrivant comme un témoin fidèle de la réalité, ces images fascinantes ont la particularité d’évoquer des artifices empreints d’étrangeté.

D’une série à l’autre, Gwenaël Bélanger nous propose différentes façons d’appréhender ses Chutes. La série (objets) est principalement concentrée sur la captation de l’objet dans l’espace, dissociant l’action de toute référence à un lieu. Tout en gardant comme prémisse l’objet en chute libre, les séries Chutes (miroir) et Chutes (petits-miroirs) nous font découvrir l’envers du décor. Telle une image dans l’image, le miroir laisse entrevoir le lieu où prend place l’action. Devenu écran, il amène le spectateur à découvrir des indices avant que le choc inéluctable n’advienne. En transposant l’atelier en laboratoire, ses recherches nous dévoilent une dimension documentaire qui semble se développer dans ses séries les plus récentes. L’artiste nous révèle l’espace et les personnes ayant pris part aux dispositifs. Complices de l’expérience, ils sont aussi témoins du résultat qui demeure, pour le spectateur, une part de l’oeuvre à imaginer.